Croatie et Bosnie : Seconde partie (24)

Du 1er au 18 Octobre 2019. Croatie puis Bosnie-Herzégovine et encore Croatie.

Nous nous réveillons au son des cloches de brebis qui patûrent ici et remballons la tente après un très apprécié petit déjeuner au soleil. Nous prenons la route qui s’avère être sportive, le plat n’existe pas ici, alors soit ce sont les freins qui chauffent, soit les mollets. Les paysages magnifiques, alternent entre pâturages, forêts aux premières couleur d’automne et sommets rocheux. La saison est encore sèche et nous sentons l’influence méditerranéenne dans la végétation, contraste après la verte vallée de la Una.

Bivouac dans les prés

Nous nous arrêtons dans l’un des rares villages pour trouver du pain, mais il n’y a aucun commerce en dehors d’un café où l’on fait le plein d’eau sous le regard amusé des habitués. Quelques kilomètres plus loin, nous tournons à gauche… puis, après 3 kilomètres la route se transforme en piste et l’on se rend compte que l’on s’est trompé de route. Ici il y a un passage possible à travers la forêt vers la Bosnie (réservé à ceux qui n’aiment pas les douaniers) et on comprend mieux la présence du camion de police en embuscade 500m plus haut…

Des routes désertes

Les lacets de montagne continuent et nous traversons des villages presque déserts, fantômes, où seuls ceux qui ont passé la force de l’âge sont restés.

Dans l’après-midi, nous retrouvons la Una, qui n’est qu’un petit torrent. Elle jaillit d’un réseau karstique à une température de 7°C, autant dire que la douche du jour est gelée ! On comprends mieux pourquoi nos baignades en aval dans cette rivière étaient si fraîches pour la saison !

Sources de la Una
Recherche du bivouac

Le soir, nous nous arrêtons juste avant un col et au petit matin nous mettons toute notre énergie pour gravir 400m de dénivelé en guise de petit déjeuner. Arrivés en haut, les paysages ouvrent de grandes perspectives… dans un vent saisissant !

Col du matin, sur la crête en face.
En haut !

C’est l’une de ces rares journées où nous avons le luxe de beaucoup plus descendre que monter car nous avons 1000m d’altitude à perdre d’ici le soir. On se laisse glisser, mais nous sommes vite arrêtés par de fortes averses de pluie et trouvons refuge dans une ancienne chapelle ouverte au vent, la pluie continue alors on se cuisine un repas chaud, contents d’être au sec, le tonnerre gronde.

Pique-nique à l’abri
Entre 2 averses…

En reprenant le vélo après une dernière averse, nous entamons une longue descente de presque 10km. Lancés à plus de 50km/h, nous voyons soudain un rideau de pluie dans lequel nous fonçons à toute allure. Pas le temps de freiner c’est trop tard, en 4 secondes nous sommes sous notre douche du mois qui, en 2 minutes, réussit à nous tremper complètement !

Heureusement, le thermomètre remonte à vue d’oeil avec le changement d’altitude, nous sommes maintenant entourés de guarigue méditerranéenne et le soleil est là. Un discret signe « SIR » (qui veut dire fromage) au bord de la route nous fait prendre un petit chemin à droite. Nous demandons à quelques personnes dans un jardin s’il y a bien du fromage à vendre. Oui c’est bien ici ! Finalement nous nous retrouvons assis à table avec les voisins, avec une tartine de fromage et un verre de vin maison, spontanéité croate !

Les gorges de la Karka
Cette fois, la méditerranée n’est pas loin !

Le vent souffle toujours et ce soir de violents orages sont prévus, le moment parfait pour le cadeau d’anniversaire d’Auréline, une nuit à l’abri ! Nous nous mettons à la recherche d’une chambre chez l’habitant dans un petit village à proximité d’un parc naturel un peu touristique. Après avoir demandé à plusieurs personnes avec qui la communication est un peu difficile, (les gens parlant plus allemand qu’anglais) on nous indique une chambre d’hôte dans le village suivant.

Les dernier jours ont été intenses et nous tombons comme des masses ; quand la pluie arrive nous savourons d’être à l’abri.

Le lendemain, la pluie continue et un vent puissant fait du remue-ménage. La grand-mère croate qui nous a pris sous son aile depuis notre arrivée prend soin de nous offrir à manger de peur que nous n’ayons pas assez avec nous.

Finalement, avec le temps qui ne s’améliore pas, le couple propriétaire de la chambre, nous propose de nous offrir la nuit suivante. Nous profitons d’une fin d’après-midi plus clémente pour nous promener entre les oliviers, amandiers, vignes et ruines d’un vieux château.

Le lendemain, après de chaleureux échanges avec nos hôtes et quelques partages de recettes et de cadeaux (huile d’olive contre dernier pot de miel du Lot), nous partons en direction de Split. Nous traversons des paysages vallonnés et très secs avec quelques rares villages un peu déserts.

Le soir nous trouvons un lieu de bivouac après avoir tourné entre décharges sauvages et lieux de prostitution… joies du bivouac quand il y a trop d’humains dans les parages ! Le lendemain une vertigineuse descente nous amène à Split, grande ville portuaire et industrielle d’un côté, et touristique de l’autre. Nous y trouvons un grand marché bien animé avec de quoi remplir nos sacoches et un centre historique qui nous fait fuir de son suraménagement touristique. Nous prenons ensuite le bateau pour l’île de Hvar et débarquons dans la petite ville de Stari Grad. Après un bivouac en forêt et un premier bain dans la méditerranée, nous rendons visite à une famille que nous avions contacté pour du wwoofing mais qui accueille déjà du monde. Nous passons juste une nuit chez eux, le temps d’intenses rencontres. Agnès est française, Zoran est croate leur fille est bilingue, alors avec en plus 2 woofers uruguayens et une allemande ça parle français, anglais, croate et espagnol !

Première baignade dans la méditerranée
Premier ferry pour notre vélo !

C’est pour nous l’occasion de poser pas mal de questions en français sur la culture croate et l’histoire du pays qui était encore la Yougoslavie il y a 30 ans, ça nous démangeait depuis quelques jours !

Zoran est artiste et crée des sculptures un peu chimères à partir d’éléments trouvés dans la nature. Un univers unique à découvrir ici : Fantazam

Nous allons l’après-midi, buter le champ de safran au sommet de l’île où un magnifique coucher de soleil nous illumine, puis Kessa, la chienne disparaît mystérieusement et tout le village est mis à sa recherche. Escapade noturne, tunnel, caméra, van gris, appel de témoins… On vous passe l’histoire mais c’est assez rocambolesque, nous quittons cette chaleureuse maisonnée quand le chien est tout juste de retour à la maison. Nous traversons au coucher du soleil l’une des plus anciennes zones cultivées d’Europe : elle a conservé son parcellaire presque identique depuis le 3ème siècle avant J.C., au moment où les grecs habitaient l’île. Les murs de pierres sèches délimitent les parcelles de vignes et d’oliviers, comme c’était déjà le cas il y a 24 siècles.

Le champ de safran
Coucher de soleil au sommet de Hvar
Le port de Stari Grad

Après un bivouac au bord de l’eau où nous sommes arrivés de nuit, nous ne faisons que quelques kilomètres avant de trouver une crique qui nous appelle de sa mer turquoise. La pause est longue, mais nous finissons par quitter la côte et prenons la route principale qui traverse l’île en montant sur les hauteurs. Les paysages sont grandioses avec la mer bleue et les reliefs du continent juste en face. La route nous extrait quelques litres sueur et, le soir venu, nous dormons dans les oliviers. Ici, en l’absence de troupeaux, ils ont la particularité d’être taillés à hauteur d’homme, pour ramasser les olives, à la main sur l’arbre !

Côte croate juste en face

Le lendemain nous prenons le bateau pour retrouver le continent qui est juste en face. Nous discutons un peu avec un américain qui fait partie d’un petit groupe voyageant en van climatisé. Il est curieux de notre voyage, pose des questions politiques et est fier d’avoir consommé sans modération les quatre coins du monde. Il est conscient des problèmes globaux, vote toujours démocrate et est honteux d’être administré par Trump. Quand je commence à évoquer la part de responsabilités de sa génération dans la crise environnementale actuelle, il à la connerie de répondre avec flegme « À chaque génération ses challenges… » No comment.

Ici la Croatie n’est qu’une bande cotière entre mer et montagne et nous nous retrouvons d’un coup sur un axe très passant avec beaucoup de camions. On ne s’arrête pas trop, on traverse une énorme zone industrielle, portuaire et ferroviaire et on bifurque plein nord en direction de la Bosnie-Herzégovine. Nous suivons l’embouchure du fleuve Neretva qui est bordé de plaines drainées extrêmement fertiles avec vergers et légumes qui poussent les pieds dans l’eau, alors que tout autour les montagnes sont pelées et désertiques. Le contraste est saisissant, questionnant lorsque l’on pense que ces terres sont pour beaucoup à moins de 1 mètre au dessus du niveau de la mer… 30 ans, 40 ou 50, quand la mer s’y installera, il y aura de nouveaux équilibres à trouver. Le soir, il n’est pas facile de trouver un endroit plat, calme, sans eau et pas trop près d’une route… Nous aterrissons dans un verger de figuiers au sol limoneux.

Cultures les pieds dans l’eau

Le lendemain nous passons une nouvelle fois la frontière avec la Bosnie, dans la ville de Metkovic, puis nous remontons la Neretva sur l’itinéraire d’une ancienne voie ferrée. Nous suivons des petites routes ou des pistes qui suivent la rivière et c’est très agréable.

Fleuve Neretva toujours…

Nous arrivons à Mostar par des friches industrielles, parfois paturées par un troupeau d’une vingtaine de moutons accompagnés d’un berger. L’énorme usine Aluminji se dresse face à nous, la plus grande partie est à l’abandon depuis la guerre il y a 25 ans.

Nous découvrons la ville, ses minarets sur la rive gauche, ses gros immeubles sur la rive droite et sa vieille rue pavée dediée au tourisme.

Nous faisons une dizaine de kilomètres supplémentaires pour arriver, après quelques fausses pistes, chez Bambi que nous avions contacté via le réseau Warmshowers. Dans un champ de vignes, ce jeune bosniaque a commencé à aménager et organiser un lieu de vie qui se veut en harmonie avec la nature. Il accueille beaucoup de cyclistes de passage et leur offre un coin de terrain où poser la tente.

Nous y restons 3 jours et le premier soir nous ne sommes pas seuls ! Nous rencontrons Claire et Jérémie qui sont un peu nos cousins voyageurs en vélo. Eux aussi sont partis de France, sur la route à la découverte de fermes et initiatives qui ont de bonnes idées à faire circuler. Alors forcément on a plein d’histoires à se raconter, de tuyaux à s’échanger et de réflexions à partager. Une rencontre courte mais intense, avec, à postériori, des questions qui viennent face à tant de similitudes !

Claire et Jérémie en test tandem !

Il ont aussi un site internet et on vous invite par exemple à aller jeter un coup d’oeil ici sur un atelier de construction d’un poêle de masse au Kosovo !

Nous profitons de ce temps pour reposer nos gambettes, écrire quelques articles sur le site et de visiter Mostar. Depuis notre passage en Slovénie, nous découvrons au fil des kilomètres l’histoire de l’ex-Yougoslavie et des guerres d’indépendance qui ont éclaté à sa dislocation.

A partir de 1945, la Yougoslavie était un régime communiste fédéral qui rassemblait l’actuelle Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Macédoine, Serbie et Kosovo avec Tito à sa tête. Le régime a été stable et est plutôt resté à l’écart des oppositions est-ouest lors de la guerre froide. D’après la nostalgie des croates rencontrés, il a été florissant d’un point de vue économique, culturel, industriel, éducatif… avec néanmoins certaines dérives totalitaires. Ce qui a été notable dans cet épisode, c’est le rassemblement de cette grande population qui partageait plusieurs langues, cultures, religions, histoires. À la mort de Tito en 1980, les nationalismes ressurgissent vite. Il y a une prédominance serbe aux commandes de la Yougoslavie ce qui amplifie la volonté d’indépendance des autres républiques. En 1991, la Slovénie et la Croatie votent pour leur indépendance, mais c’est sans compter sur le désaccord du pouvoir central ni sur la présence de populations serbes dans ces territoires, surtout en Croatie. Finalement, la Slovénie devient indépendante à l’issu d’un court conflit armé, puis c’est au tour de la Croatie après des combats localement violents (notemment au sud de Sisak, où nous sommes passés 10 jours plus tôt).

Encore aujourd’hui, on peut tomber sur une carte au bord de la route qui indique les secteurs encore minés.

En Bosnie-Herzégovine, l’histoire est plus compliquée car c’est une région où se répartissent des populations bosniaques (majoritairement musulmanes), des populations serbes (majoritairement orthodoxes) et en plus faible proportion et surtout vers Mostar, des populations croates (majoritairement catholiques). Alors compte-tenu des velléités des voisins à rogner son territoire, lorsque la Bosnie-Herzégovine a déclaré son indépendance en 1992, un conflit majeur a éclaté et duré jusqu’en 1995.

La rivière qui coupe Mostar en deux

La ville de Mostar était séparée en une rive croate et une autre bosniaque avec sur les collines, l’artillerie serbe qui tirait sur la ville. Encore aujourd’hui, la distinction des rives est nette et les ambiances d’un côté à l’autre de la ville, différentes. Un mélange d’immeubles plus ou moins austères ou parfois neufs en rive ouest alors qu’un air oriental souffle entre les minarets côté est. Mais le temps passe et les bâtiments marqués par les combats finiront bientôt par être tous remplacés ou rénovés. Les quelques rues pavées de la vieille ville sont restaurées et devenues l’attraction touristique avec encore beaucoup de monde en ce mois d’octobre entre les échoppes de poteries, services à thé et lampes orientales.

Dans un musée, côté bosniaque, on cultive froidement la mémoire des crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés tantôt par les forces Serbes tantôt par les forces Croates. Nous n’aurons pas la version serbe… et ne faisons qu’apercevoir la complexité de l’histoire, où les bourreaux des uns sont encore les héros des autres. (Pour aller plus loin, cet article de 2017).

Nous repartons vers le sud, un demi-tour de cinquante kilomètres, puis nous bifurquons vers l’est. Il y a un itinéraire vélo qui suit une ancienne voie ferrée inaugurée en 1907 sous l’empire austro-hongrois : le Círo. Rapidement, nous avons à choisir entre une piste sur l’ancienne voie ferrée, qui monte longuement et tranquillement dans la montagne « à nos risques et périls » dit le panneau, ou bien une route qui serpente pour retrouver l’itinéraire 20km plus loin. Nous prenons la première option, elle s’avère magnifique et nous fait monter à flan de pentes boisées ou rocheuses avec une dizaine de tunnels aux parois encore noires de charbon et à traverser à la lumière des lampes frontales.

Douce sieste

En revanche, nous progressons très lentement : nous sommes freinés et souvent obligés à marcher car les graviers du ballast sont encore là et pas du tout adaptés au vélo, encore moins à un tandem chargé. Nous bivouaquons au bord du chemin et au petit matin nous faisons une abondante cueillette de sarriette qui séchera avec succès dans un grand filet à l’arrière du vélo !

Après 15 kilomètres passés en 4 heures d’effort, nous retrouvons avec bonheur le goudron. Un peu plus loin, nous tombons sur un groupe d’ados en vélo, il s’agit d’élèves d’un lycée international de Mostar partis pour 4 jours de vélo itinérant avec leur prof de maths qui est française ! On discute un peu avant de les laisser à leur pause pique-nique. Dans un village un peu plus loin, nous cherchons pain et fromage sans succès, par contre on se retrouve invités à boire un coup de rakia sortant tout juste de l’alambic. C’est l’eau-de-vie locale faite à partir de fermentation de raisin.

Alambic en fonctionnement

La suite de la journée nous fait suivre une petite route déserte sur l’ancienne voie ferrée et surtout merveilleusement plate ! Nous passons devant les anciennes gares de cette voie ferrée qui aura fonctionné tout juste 70ans. Nous traversons hameaux et petits villages un peu désertés. Lorsque nous toquons pour faire le plein d’eau, nous sommes à nouveau invités par une dame à goûter la rakia. Cette croate originaire du village de Bosnie où nous sommes, habite et travaille à Dubrovnik dans un hôtel 4 étoiles. Dès qu’elle le peut, elle passe de l’autre côté de la montagne pour échapper à cette vie qui ne semble pas complètement l’enchanter. Elle nous parle aussi de l’histoire de cette vallée au fond incroyablement plat et qui avant permettait de nourrir des villages bien habités.

Ancienne gare abandonnée comme des dizaines d’autres le long du Ciro

Le bivouac du soir nous éblouit du soleil qui se couche sur les montagnes, et pour une fois, nous mettons un réveil pour le lendemain !

Dubrovnik

Nous partons avec le jour pour arriver pas trop tard à Dubrovnik, qui est encore à 40km de là. Après une terrifiante descente jusqu’au niveau de la mer, nous arrivons dans la circulation grouillante de la ville. Nous découvrons qu’il y a une partie où les locaux habitent et une vieille ville forteresse où plus de 80% des logements sont pour les touristes. Malgré cette imposante forteresse au bord de l’eau turquoise avec sa cité qui a traversé les siècles et donne envie d’en savoir plus sur l’histoire de la ville, il est difficile de ne pas être choqué par le pouvoir destructeur du tourisme ici. La foule est partout, tout est question de consommation, avec des habitants locaux qui subissent les boulots « de merde » que génère ce tourisme de masse. Viennent ensuite les questions : comment assumer le fait d’être voyageur, sans pour autant être complice des destructions et dénaturations qu’engendre le tourisme ? Comment permettre l’échange et la découverte culturelle sans l’installation de liens marchands ? Quels sont les leviers d’une (auto)limitation de la visite de lieux emblématiques, historiques, photogéniques ? Est-ce qu’on aurait dû éviter de venir ici comme nous pensions le faire au début ?

Nous prenons la poudre d’escampette par un petit bateau pour traverser la baie et éviter l’unique route pleine de camions qui continue vers le sud. On se laisse bercer une demi-heure dans le ronron du moteur. À quelques encablures, des dauphins jouent dans les vagues et nous offrent un joli spectacle, sur le bateau, personne ne les remarque…

Chargement du vélo

Nous descendons le vélo du bateau à Cavtat et après un petit bain de mer la reprise des pédales est difficile, 250m de dénivelé vraiment raide… Nous rattrapons la nationale, juste quelques kilomètres, pour contourner l’aéroport qui permet de perfuser la ville de touristes. Le soir tombe et après quelques errements, nous atterrissons pour la nuit, dans un champ d’oliviers face à la mer. La journée aura été bien pleine !

Le lendemain midi après une vingtaine de kilomètres, nous nous arrêtons chez Marko. Il a mis des panneaux plusieurs kilomètres avant chez lui pour prévenir les cyclistes et autres baroudeurs qu’il peuvent gratuitement venir camper sur son terrain.

Nous sommes dans le calme de l’extrémité du « C » de la Croatie et c’est un endroit où juste apprécier la vue sur la mer et le coucher de soleil en haut de la colline. Marko est un vieil homme atypique avec une vie pleine d’histoires rocambolesques qu’il aime raconter en fumant cigarettes sur cigarettes, un verre de vin à la main. Après avoir grandi ici, dans la Yougoslavie de Tito qu’il considère comme son père, il est parti sans un sou en poche au Canada, où il y a fait sa vie. Depuis sa retraite, il est revenu en Croatie et vit simplement, dans un conteneur aménagé. Malgré les 80 ans qui approchent, il continue d’avoir des idées et projets. Avec l’aide de James, un anglais qui habite là quelques mois dans l’année, il aimerait faire revivre une portion de la ligne de train de Círo (la même que nous avons suivie en vélo), à des fins patrimoniales et touristiques.

Pensant juste faire un bref arrêt, nous restons finalement 2 jours chez Marko et rencontrons aussi un français bourlingueur qui vit sa petite retraite dans le village voisin situé au bord de l’eau. Jean-Pierre a longtemps vécu à Tahiti et il a même passé deux ans seul sur un îlot désert avec juste son chien, une réserve de riz, du matériel de pêche et des cigarettes !

Enfant de Tito
Départ

Nous repartons ensuite et arrivons 10km plus loin à la frontière avec le Monténégro, histoire à suivre…

A très vite 😉

By Coco.

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