L’Autriche au fil de l’eau (20)

Du 4 septembre au 11 septembre 2019

L’Autriche se présente discrètement à nous, même pas un panneau ne signale le passage de la frontière sur la piste cyclable que nous empruntons. Mais une fois la rivière « Saalach » traversée, nous sommes effectivement en Autriche, dans la banlieue de Salzbourg. Nous arrivons dans le centre ville en fin d’après-midi sous de magnifiques lumières. Nous prenons un peu de temps pour errer dans les rues de la vieille ville avec ses façades baroques du 17ème siècle. Mais le soleil tombe, nous sommes fatigués par les kilomètres de la journée et il est déjà tard pour avoir le temps de trouver un endroit où camper avant la nuit. Nous finissons par monter notre tente devant la ferme d’un agriculteur qui nous accepte dans son jardin. Malheureusement, l’autoroute qui remonte la vallée juste au-dessus ne nous offre pas une nuit très reposante.

Salzbourg, ville de Mozart.
Le soleil se couche sur Salzbourg et nous n’avons pas encore trouvé notre lieu de bivouac.
Arrivés de nuit, découverte matinale du jardin où nous avons dormi !

Le lendemain nous atteignons de grands lacs, Mondsee puis Attersee. Les paysages sont un peu plus montagnards pour notre plus grand plaisir. Le long des rives, nous découvrons que la plupart des terrains sont privés, clôturés et aménagés de petits cabanons. Les accès « publics » au lac sont extrêmement rares et restreints, ce qui est un peu triste pour ce lac à l’eau bleue claire et encore agréable à la baignade en ce mois de septembre. Après le soleil du matin, la grisaille nous rattrape, nous longeons le lac d’Atersee où un puissant vent de face nous ralentit puis quelques gouttes de pluies humidifient notre fin d’après-midi.

Matinée agréable sur de jolies petites routes
Attersee

Nous pédalons encore quelques kilomètres et finissons par trouver refuge dans une forêt où résonnent au loin les coups de fusils des chasseurs 🙂

La pluie qui se met à tomber nous précipite sous la tente. Le rythme de ces derniers jours nous a fatigué et quand le soir arrive nous avons plus envie de dormir que de sociabiliser.

Drôle de bivouac !

Nous pédalons tôt le lendemain pour rejoindre Linz, je copilote avec les yeux sur la carte mais, nous tournons et nous perdons un peu pour éviter de gros axes. Nous arrivons en ville sous les nuages gris et des trombes d’eau sont prévues pour la nuit prochaine. Notre « Joker » du jour est un immeuble collectif du centre ville dont on nous a parlé. Nous allons toquer pour savoir s’il y a moyen de nous offrir un coin où dormir. Même s’il y a beaucoup d’invités, nous avons droit à une petite place ce qui n’est pas du luxe avec cette météo très humide. Misha, qui habite là, puis Tobias, son coloc nous parlent un peu plus du lieu. Le projet Willy-fred s’est concrétisé par l’achat en collectif d’un immeuble du centre ville de Linz en 2015. C’est la première initiative de ce genre en Autriche s’inspirant directement du modèle allemand de « Mietshäuser ». L’achat se fait dans le but d’établir une propriété d’usage et d’extraire le bâtiment de la spéculation immobilière. Un partie des 2,8 millions d’euros payés à l’achat provient de fonds propre aux membres du projets et le reste a été emprunté et est remboursé par le paiement de petits loyers. Aujourd’hui, l’immeuble accueille une trentaine d’habitants dont beaucoup de jeunes travailleurs et étudiants. Une association rassemble les habitants et permet l’autogestion de l’immeuble. C’est un lieu très vivant car le rez-de-chaussé sert de local à plusieurs associations militantes et des évènements y sont souvent organisés. Plus d’infos sur ce genre d’initiatives sur ce site : https://www.syndikat.org/fr/.

Le Danube à Linz
Contrastes 😉

Nous quittons Linz le lendemain en début d’après-midi en suivant le Danube en direction de l’Est. Le vent nous pousse un peu et en 2 heures nous avons fait 50 kilomètres. Le lendemain, nous prenons les petites routes de campagne en direction de chez Bennet que nous avons contacté via le réseau Warmshowers. Nous faisons étape chez lui et apprécions de pouvoir poser les questions qui nous taraudent lors des heures de pédalage et d’en connaître un peu plus sur ce pays. Les élections législatives sont dans 15 jours et partout dans les champs et villages s’affichent les différents partis politiques. Dans ce secteur rural, c’est le parti conservateur de Sebastian Kurz qui est favori (et qui sera effectivement en tête avec 37% des suffrages).

Joyeux déballage d’habits d’enfants pour faire savoir les naissances en Autriche
Usines le long du Danube
Bivouac avec salle à manger perchée, merci les chasseurs !

Le lendemain matin nous commençons par une étape mécanique au magasin de vélo du coin, changement de plaquettes et purges des freins. Ils seront prêt à encaisser les montagnes des Balkans. Nous repartons en direction de Vienne et rattrapons le Danube.

Nous croisons un français qui voyage en vélo, mais juste pour quelques semaines… Quand nous lui racontons que nous partons vers la Grèce, il nous parle de Georges, clarinettiste marseillais qu’il connait. Un fan de musique Grecque qui passe beaucoup de temps à voyager là-bas en camion. Le hasard nous amènera chez un ami de ce fameux Georges dès lors notre première étape là-bas… étonnantes coïncidences !

Pêcheurs suréquipés du Danube

Pour cette nuit à Vienne, nous serons hébergés dans la colocation de Anna, également contactée par le réseau Warmshower. L’occasion de dormir dans un bon lit, de faire un tour en vélo de la ville de jour, puis de nuit et sans les sacoches !

Arrivée à Vienne le long de son beau Danube… gris !
Discrètement, comme des ombres…

Le lendemain nous prenons le temps de préparer un bon repas de midi pour nos hôtes et de prendre plus le temps de discuter. Nous repartons dans l’après-midi et pédalons jusqu’à la nuit ce qui nous laisse le temps de faire 70km et de passer la frontière slovaque ! Les derniers kilomètres autrichiens ont un air de no man’s land, avec d’immenses champs, une poignée de villages à l’architecture faite d’une succession de petits pavillons qui dénote avec celle que nous avons vu jusque là. Jusqu’à la chute du rideau de fer, la zone était enclavée par rapport au reste de l’Autriche ce qui se ressent encore aujourd’hui.

Sur les chemins de traverse dans un no man’s land agricole
Dernières lumières sur le Danube, juste avant de passer la frontière Slovaque !

Nous quittons l’Autriche pour y revenir très vite, la suite de nos aventures dans un prochain article à saute frontière !

By Coco.

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