Éourres et les Damias

Du 23 mai au 9 juin 2019

C’est grâce à un joli mélange entre bouche à oreille, hasard du calendrier et curiosité que nous avons atteri sur la commune d’Éourres. Toujours dans les Hautes-Alpes donc ! Mais pour y arriver, nous empruntons d’abord la route à flanc de falaise qui remonte le long des gorges de la Méouge. Tout au long de ce défilé, les roches au dessus de nos têtes font admirer leurs courbes abruptes et rocailleuses à la rivière en contrebas, toute en vasques arrondies. Mais au bout de cet époustouflant spectacle, nous ne sommes pas encore arrivés !

Gorges de la Méouge

Nous bifurquons sur une petite route étroite et exposée en plein soleil, il est midi et la fraîcheur de la rivière nous manque déjà. Les kilomètres défilent sans qu’on ne puisse appercevoir aucune habitation ou trace d’activité humaine. On a un peu l’impression que c’est le bout du monde ce village qui nous attend en haut de cette longue montée… Mais, enfin ! On arrive à un petit col où on est accueillis par un troupeau de chèvres sauvagement défendu par deux gros chiens de troupeaux. Heureusement, un drôle de berger très silencieux se trouvait pas trop loin pour les retenir de nous dévorer tout crus !

Éourres et son côté « la belle verte »

Avec tout ça on en avait presque oublié de relever le nez de notre vélo pour voir le village d’Éourres se dessiner sous nous yeux ! Un petit clocher perché au sommet d’une colline, les toits des maisons de la rue principale du village et quelques yourtes éparpillées, voici notre première image de ce petit village. Éourres était un village pratiquement abandonné dans les années 60-70 avant qu’un groupe de 4 personnes vienne y vivre en communauté. Petit à petit, de nouveaux habitants sont venus s’y installer avec l’envie de partager et de vivre ensemble et simplement dans un coin de verdure préservé ; il y a aujourd’hui 134 habitants. Une vie associative dynamique s’y est mise en place et beaucoup d’initiatives autour de l’écologie, du lien social, de la culture et de l’éducation ont fait parler du lieu qui est désormais plutôt connu dans la région.

Quelques liens vers certaines des associations qui gravitent autour du village : Vie la Joie l’association portée par les habitants d’Éourres, Ecoloc association socio culturelle dans les gorges de la Méouge et qui organise chaque année la fête du vélo ! Mais aussi des infos sur l’école associative du village, les actualités et les autres initiatives sur le site du Village d’Éourres.

Ce n’était pas au village d’Éourres même que nous étions attendus mais au hameau des Damias, situé à 30 minutes à pied par un sentier à flanc de montagne. Une douzaine de personnes habitent à l’année sur ce hameau et 4 d’entre eux se partagent la gestion de deux structures interdépendantes : une structure d’accueil de groupes, de gîtes et de chambres d’hôtes : Hameau des Damias. Et une ferme bio en maraîchage et élevage de brebis viande sur laquelle nous avons passé la majorité de notre temps. C’est Nico, le maraîcher qui nous a transmis sa façon de faire pousser ses fruits et légumes sur ses parcelles de maraîchage. Et l’enjeu sur le lieu est quand même assez important puisque la production de jardin vise à couvrir un maximum des besoins : pour les tables d’hôtes d’une part mais aussi pour nourrir 6 personnes et une petite équipe de wwoofers et salariés. Et c’est là qu’on se rend compte à quel point une autonomie totale en fruits et légumes est difficile à atteindre… voire impossible en hiver et au début du printemps !

Avec Nico et l’équipe de maraîchage, nous avons donc relevé nos manches pour nous occuper du potager. Plantations de multiples variétés anciennes de choux, de fleurs, de salades, semis de maïs doux, de laitues et déjà premières récoltes de haricots et de choux raves dans les serres ! Le travail du sol est fait à la main, pour l’essentiel à la grelinette et le désherbage aussi. Cela représente un travail colossal et, tout en désherbant, nous réfléchissons ensemble aux possibilités qui pourraient permettre de réduire tout ce temps passé à l’arrachage.

Pendant ces 15 jours, c’est aussi pour nous l’occasion d’observer un type de fonctionnement collectif. Ici, chaque famille vivant de l’activité du hameau des Damias possède son lieu de vie privé, les repas du midi en semaine sont pris en commun, les courses alimentaires sont aussi communes et tout le monde doit participer à l’entretien des lieux partagés (grande cuisine semi-pro, salle de bain, passages et jardins extérieurs etc…). Ces moments tous ensemble sont aussi indispensables pour l’organisation du travail en période estivale et donnent l’occasion de communiquer.

Nous repartons de cette quinzaine passée à Éourres avec l’impression d’avoir été immergés dans un microcosme dynamique dans lequel nous avons mis pas mal d’énergie. Enrichis de nouvelles rencontres multiculturelles et internationales et d’une expérience de vie collective qui nous apporte de nouvelles pistes de réflexions.

By Auré.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

19 − dix =